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Simplement parce que les temps changent.

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Message par Ariane le Sam 6 Sep 2008 - 16:19

Les champs s'étalaient à l'infini dans ces terres éloignées d'Émeraude, ou seuls les paysans s'aventuraient dans l'unique but de gagner leur vie. Une femme chevalier n'ayant pas été initiée à l'art de l'agronomie ne pouvait donc pas certifier avec exactitude quelles étaient les plantes qui se dressaient par milliers sur le sol sous ses pieds. Mais parfois, il était vain de donner un nom à la beauté. Se contenter de l'admirer, de se pâmer devant elle était une concession que la nature avait faite aux humains. Aux bestiaux hommes qui vivent sans se soucier, imposant leur présence à ce qui était là, en silence et dans toute leur perfection, bien avant eux.

Une bête grandiose se tenait aux côtés de cette jeune femme chevalier. Un cheval récemment acquis par la dame, dû à la mort de sa précédente monture. C'était un coursier sublime, recouvert d'une robe châtaigne, alezan et dénudée de toute souillure. Deux grands globes oculaires perçevaient chaque mouvement avec sérénité, deux yeux entièrement bitume qui regardaient le monde sans se tracasser, se morfondre. Cet animal n'avait pas de nom, sa maîtresse ne le nommait pas; seul un regard suffisait pour qu'il semble comprendre ses moindres intentions. Cheval était son unique appellatif. Et dans toute sa splendeur, avec sa posture princière et son air somptueux, il semblait régner sur les champs, troublant la vision de ces étendus de blé doré de ses nuances acajou contrastantes.

La femme qui se tenait à ses côtés par contre se détachait avec clarté de l'apparence royale du cheval. Tête basse, elle observait avec lassitude les sabots de sa monture. Le vent soufflait doucement, animant joyeusement les prés de son chant dansant. La brise venait jouer dans ses cheveux sombres aux reflets bronzés, tentant désespérément de l'entraîner dans une allègre folie. Hélas, la demoiselle n'avait pas le coeur à la fête. Il était plutôt lourd de reproches, son coeur. Il palpitait pour une seule raison, mais il battait sans motivation, propulsant dans son corps un élant de tristesse. Quelle était la raison d'être d'une femme si affligée, inconsolée, telle une âme en peine? Pourquoi continuer sinon pour verser plus de larmes, pour consterner sa maisonnée et tuer la joie qui se répandait autour d'elle?

Ariane vivait d'espoir.

Espoir que tout redevienne comme avant. Espoir que ses erreurs soient pardonnées. Espoir que celui qu'elle aime lui revienne. Espoir que son fils la connaisse sous son jour véritable. Que la vie reprenne son cours; Que les écarts du passés soient enterrés; Qu'Alexandre lui donne une ultime chance de lui prouver qu'elle ne peut vivre sans lui; Que Darmuid puisse avoir une mère qui l'aime et qu'il aime. Mais la femme chevalier n'était pas niaise, sotte. Elle commençait à se douter que jour après jour, l'élu de son coeur la quittait un peu plus.. Et que pouvait-elle se permettre de lui reprocher? Absolument rien, elle qui n'avait de toute façon jamais été présente pour lui. Un homme a un besoin vital de l'amour d'une femme, de sentir la chaleur de son corps, la douceur de ses lèvres. Il doit se sentir convié, désiré; Il doit se sentir le bienvenu dans son lit, que sa présence ne soit pas perçue comme déplacée, fâcheuse. Mais depuis la naissance de leur fils, Ariane avait prit du recul. Trop de recul. Tellement qu'elle avait l'impression d'être à des milles d'eux, même si au fond, ils vivaient dans une habitation commune. L'ambiance dans la maison était accablante; Leurs regard étaient austères. Et les remords de la femme chevalier, difficiles à supporter.

Et pourtant! Ariane avait le sentiment profond qu'elle ne pouvait vivre sans Alexandre, si loin de son coeur, de ses priorités, de ses pensées. Elle ne pouvait supporter de ne plus voir son regard posé sur elle, ses yeux chargés, emplis d'amour. La façon dont il lui disait tout ce qu'elle désirait entendre, et ce sans se faire prier, simplement en devinant. Toutes ces fois ou elle aurait tant voulu être dans ses bras, le seul endroit au monde ou elle savait sans aucun doute qu'elle était en sûreté. La confiance qu'elle avait en lui, et vice-versa. Le vif sentiment de tendresse qui frappait son âme quand ses lèvres touchaient les siennes. Toutes ces fois ou elle aurait donné sa vie pour lui permettre d'écouler quelques jours heureux de plus sur Enkidiev; Toutes ces fois ou elle aurait donné sa vie pour lui permettre de réaliser ses rêves. Et en ce jour, elle aurait vendu son âme en suppliant les dieux de lui permettre de revoir le regard amoureux d'Alexandre encore une fois..

Les pleurs d'accumulaient sur les sabots de Cheval, alors que le vent continuait naivement de s'ébattre dans la chevelure d'Ariane de Fées..

Mais ou était-il à cette heure cruciale ? Ou était-il ? Probablement là ou elle était depuis de longues années.. Là d'ou elle venait tout juste d'arriver.
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Simplement parce que les temps changent. Empty Re: Simplement parce que les temps changent.

Message par Ariane le Sam 20 Sep 2008 - 23:05

Pourquoi était-elle partie? Elle avait une vie, pourtant. Elle avait renié son existence, déserté son pays, trahi ses proches, renoncé à son avenir. Sans raison. Elle n'avait aucun argument pour se défendre si la question fatidique venait à lui être posée, ce qui viendrait inévitablement un jour ou l'autre, tôt au tard. Maintenant qu'elle était revenue de son exil insencé, aberrant et, par-dessus tout, injustifiable, que devrait-elle annoncer à son futur époux, ainsi qu'à son unique descendant? La vérité. Car l'heure n'était plus au mensonge. Contourner la réalité ne ferait qu'empirer, détériorer sa situation précaire; Contourner la réalité lui prouverait une fois pour toute qu'elle ne méritait pas le coeur d'Alexandre.

Les bases de leurs amour ne devaient pas être réinventées. Les fondations de leur relation devaient tenir le coup. Les liens de leurs coeurs ne devaient pas se rompre. La sincérité de leurs sentiments de devaient pas être altérée. Les deux jeunes gens devaient pouvoir se regarder dans la prunelle des yeux, se scruter, se dévisager, se dévorer du regard; Les deux jeunes âmes devaient croire en leur amour. Car il n'était pas perdu. Il n'était pas vain. Et jamais il n'avait été oublié: Aucun jour et aucune nuit ne s'était écoulée depuis sept années sans qu'Ariane n'ait une pensée pour l'élu de son coeur, sans qu'elle éprouve l'envie de le revoir, sans que celui-ci lui manque. Aucune minute ne s'était passée sans qu'elle l'aime. Et cet amour, ce désir, le chagrin de la séparation.. C'était exponentiel: Cela prenait de l'ampleur à chaque seconde, à chaque battement de son coeur amoureux. À chaque instant passé sans lui. À chaque moment ou elle constatait avec anéantissement qu'il n'était plus dans sa vie.

Mais les déclarations d'amour, aussi poétiques, véritables, vibrantes et émouvantes soient-elles, ne viendraient pas à bout de reconquérir Alexandre. Avouer la vérité ne suffirait pas cette fois. Car les fautes commises étaient au-delà de tous les mots.

Ariane sentait l'émergie d'Alexandre approcher. Ainsi il l'avait trouvée, et loin d'elle l'idée de se cacher. La conversation qu'ils auraient bientôt était cruciale au dénouement de toute cette histoire. Le coeur de la fée battait à tout rompre, à la chamade. Jamais elle ne s'était sentie aussi près du père de son fils depuis bien des années. Cela l'effrayait, d'une certaine façon; D'une autre, elle se sentait submergée d'un bien envoûtant. Un bien trompeur.. Avait-il changé? Était-il demeuré le même? Certes la réaction qu'il aurait en la voyant ne serait probablement pas attendrissante..

- Tu as passé de belle vacances au moin ?

Sa voix lui perça les tympans, reserra sa gorge, fit bondir son coeur. Ariane demeura dos à lui, et constatant qu'il était à pied, elle donna un coup à sa monture, lui signifiant qu'elle devait rentrer sans elle. La fée retournerait avec lui, à ses côtés, mais probablement pas dans ses bras.. Du moins, pas maintenant.


-Je.. Tu.. Tu sais que ce n'était pas des vacances.

C'est tout ce qu'elle avait trouvé à répondre: rien ne voulait sortir de sa bouche. Aucune phrase n'était formulée dans sa tête. Et toujours elle n'osait pas le regarder en face..
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