La Demeure de la Captive

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La Demeure de la Captive

Message par Invité le Dim 21 Oct 2007 - 22:15

C'était un monde paisible. Un monde silencieux ou il faisait bon écouler des jours sereins. C'était un monde stagnant. Un monde insonore ou le temps passait sans que l'on s'en rende compte, sans même qu'on le voit filer sous nos yeux. C'était un lieu d'un ennuie morbide. Un lieu ou il était lancinant de vivre , et ce sans même se préoccuper du temps qu'il nous restait; l'éternité s'allongeait de toute sa grâce devant nous. Et pourtant dans cet endroit si lassant venait de se produire l'évènement d'un siècle...

Ce coin du ciel était appellé ''Monde de Lumière'' par les anciens ainsi que ceux qui y vivaient. Comme son nom le dit si bien, c'était un endroit lumineux, à en rendre aveugle même. Il y avait une lueur qui flamboyait de façon perpétuelle; une lueur qui n'avait ni provenance ni destination. Une lueur qui n'avait comme seule tâche que de briller. Briller. Briller. Et Toujours Briller. Il n'y avait rien de commun à ce lieu, tout était particulièrement singulier. Inhabituel. Innimaginable. Impossible...Les arbres n'étaient pas de bois, l'eau n'était pas eau, la terre n'était pas terre, l'air n'était pas air; le feu ne brûlait pas et la douleur n'existait pas.

Les végétaux étaient de cristal, ou encore d'un métal quelconque qui n'avait pas de nom pour les hommes; L'eau était limpide, transparente, elle réflétait cette lueur qui vivait sans raison apparente. Elle accordait des pouvoirs incroyables à celui qui en buvait, disait-on...Sottises; La terre était en fait qu'un épais sol de nuages laineux, noueuds par endroits; L'air n'était pas, les habitants de ce lieu insolite ne respiraient simplement pas; Le feu dansait jovialement, mais ne faisait aucun effet. Ni de chaleur. Ni de picotement; La douleur était inconnue. Les Dieux et leurs semi-esclaves, les Immortels, ne souffraient pas. Jamais.

Ce monde était celui de Nephthys, qu'elle partageait avec ses quatre enfants; Manwe, Amétyse, Dasha et...Nekoss. Qui eux-même le partageaient avec leur progéniture divine; des Immortels. Et si les dieux ne connaissaient pas l'agonie, ils ne connaissaient pas non plus l'amour; Que leurs enfants soient leurs enfants, il s'en souciaient guère; De stupides poupées de chiffons, des êtres faibles, des attaques à leur toute-puissance; de maudits immortels, de damnées créatures...De déchéantes créations. Et dire qu'en leurs veines coulait le sang divin, pfff...

Et un jour, sans même le vouloir, sans même l'avoir demandé et encore moins souhaité, ce lieu grottesque acceuillait une nouvelle habitante.

C'était une femme; une Elfe. Elle connaissait ses origines. Lui avoir caché la vérité n'aurait rien changer à son douloureux avenir. Depuis sa plus tendre enfance on lui avait dit:

« Élisaelle d'Elfes, tu es une Immortelle, et un jour...Tu seras rappellée par les Dieux. Là-haut. Et pas parce ton temps sera venu, mais parce là-bas, tu as une vie à commencer. Ne t'attaches pas aux êtres terrestres. Tu les quitteras...Que tu le veuilles ou non. »

Têtue fut-elle! Stupide fut-elle! Jamais Éli n'écouta ce que lui racontait sa mère. Elle fut naive, oh oui...Et elle aima. Elle aima un homme qui, de toute façon, l'abandonna comme toujours les hommes le font. Cet être lui donna cinq beaux enfants. Enfants à qui elle cacha, dans son intelligence légendaire, sans ne vouloir faire de mauvais sarcasmes, toute la vérité. C'était un mauvais choix à prendre; Et pour cela, elle dut les abandonner. Les distribuer dans les mains douteuses d'inconnus; Donner la chair de sa chair à qui la voulait bien. Toujours La Reine d'Elfes, car c'est ce qu'elle était, s'était promise d'aller les retourver, un à un, et de tout leur avouer. Avant de, elle le savait, se faire tirer par les cheveux jusqu'au Monde de Lumière...

Le Temps. Un vil ennemi. Un mesquin adversaire.

Il lui en manqua, de ce satané temps. Beaucoup. De ses cinq rejetons seuls 3 surent la triste vérité. Cette vérité déchirante, qui vous blessait à cet endroit qu'on appellait le coeur; Cette vérité qui faisait mal. Car au moment ou vous savez que vos parents ne sont plus vos parents, que votre enfance s'effondre, que votre vie n'est que mensonges sur mensonges...Vous n'êtes plus rien. Et cette personne qui se tient devant vous avec un pinçement au coeur, disant être votre mère biologique, est en fait la seule qui ne vous a jamais véritablement aimé; Une inconnue. La seule ayant vu en vous quelque chose digne de valeur. C'est comme tout perdre. En quelques secondes. En quelques mots.

Un jour, sa fille Éléna se maria. Élisaelle ne fut même pas au courant, et arriva avec une bonne heure de retard. Mauvaise mère! Indigne! Comment était-ce possible d'être aussi fangeuse, turpide avec le fruit de son amour interdit! Elle y vit son seul fils, si brave, si honorable...Et n'eut même pas la force de se lever pour lui dire les mots fatidiques: Je suis ta mère, Aitbrynk. Je suis ta mère si méprisable, si vaurienne...

Mais le temps lui manqua. Réprouvé temps, ce que tu peux être hais...Ce que tu peux être abject! Un instant se passa. Un seul instant. Et il réduisit à néant tous ses grands projets fastidieux. Il réduisit en poussière tout son avenir. C'était terminé. Adieu, Éléna. Adieu, Aitbrynk. Adieu, Delilah. Adieu, enfants dont elle ne connait même pas le nom. Pauvres enfants! Quelle mère avez-vous là, trop bornée pour daigner mémoriser vos si jolis prénoms...

Et ainsi en arriva là Élisaelle, anciennement Reine d'Élfe. Le Paradis était son Enfer. l'Éden devenait le Tartare.


-Abîme, ô toi si miséricordieux schéol, laisse passer les rayons de ce soleil si brûlant à travers ton épais tapis de nuage sans fin, Pitié!

-Nous ne connaissons pas la pitié, ici. Petite cordiaude, le pardon ne signifie rien sur les terres de la déesse suprême!

-PITIÉ! Qu'est-ce que vous ne pouvez comprendre dans ce si simple mot! J'implore la grâce des Dieux! Laissez-moi retourner là-bas!

C'était un homme. Il était plutôt attirant; sa voix était aguichante. C'était un bel acceuil...Mais rien pour apaiser le coeur en miette d'une mère qui avait failli à sa tâche. Il s'avança avec un sourire délicieux sur les lèvres...Ses cheveux ambrés, miellés se berçaient sereinement au rythme d'un vent imaginaire. Il tendit à la jeune captive un bijoux. Un bijoux vers céladon, qui tournait sur le turquoise sous les reflets de l'astre solaire. Ses éclats cyan obnubilèrent l'Immortelle.

-Ceci est ton cristal, celui qui te permettra de fréquents voyages sur Enkidiev ou Irianeth en toute sécurité. Lorsqu'il se mettra à perdre de son intensité, c'est signe que tu dois revenir te ressourcer...

-Sinon quoi! Ce n'est pas un stupide bijoux qui m'empêchera de serrer ma fille dans mes bras pour toute l'éternité si je le veux!

-...Sinon vous disparaitrez. Quelque part entre les deux mondes, un endroit ni existant ni inexistant, ni tout ni rien...Mais ou personne ne pourra aller vous chercher. On appelle cela le Vide, très chère. Et les Immortels les plus imprudents, empoisonnés par...l'amour, un air de dégout s'empara de ses traits suaves, s'y sont perdu à jamais!

Un lourd silence s'imposa alors, durant le quel Élisaelle examina de plus près le visage du jeune homme qui se tenait devant elle. À sa plus grande stupéfaction, durant l'espace d'une seconde, des pupilles verticales se dessinèrent dans ses beaux yeux bleus céruléens. Elle eut un mouvement de recul, provoqué par l'aversion causée par ce simple regard endiablé.

-Qui êtes-vous?

-Je n'ai pas de nom. Je suis un de ces messagers des Dieux...Oh, et ce que tu as vu...Tu ne t'imaginais tout de même pas que j'étais aussi beau en vrai, non? Ahhaa...Abrutie!

Sous les yeux horrifiés d'Éli, l'homme si attirant se transforma en une sorte de lézard-poule.

-Tous les dieux utilisent cette méthode pour cacher leur apparence si rebutante! Tous sauf Nephthys, qui arbore fièrement ses atouts de Déesse...

-...Ils ne sont pas parfaits commes ils le prétendent bêtement.

-Jeune fille, vous devrez apprendre à démontrer du respect à vos supérieurs! Votre père pour commencer!

-Nekoss! JAMAIS! Vous m'entendez, et je le jure solennellement: Jamais se je démontrerai un quelconque signe de respect pour cette...Cette chose qui se croit SI invincible, mais qui au fond est tellement vulnérable...

-Vous osez me mettre sous le nez la vulnérabilité des Dieux? Absurde, vieille sotte!

-Bien, que je sois une vieille sotte ou une abrutie, qu'importe! Je sais que ce que je dis est vrai, et personne, PERSONNE ne pourra me faire changer d'avis quant à ma famille haineuse! Famille dont je n'ai jamais demandé à faire partie!

-Et pourtant...Bon, trève de bavardage. À partir de maintenant, vous allez occuper le poste d'Immortelle du Temps. Vous seconderez le dieu du temps; C'est-à-dire qu'à chaque matin et chaque soir, vous devrez se faire lever et coucher le Soleil! Une grande tâche, un honneur...Qu'une idiote comme vous ne pourra probablement pas accomplir ou comprendre, mais bon...Ce ne sont pas mes choix...Ces terres sont votre maison, désormais...Malheureument, chipie...

Puis, il disparu sans lui laisser le temps de répliquer. Et là, seule, Élisaelle la captive se morfondait, dans ce monde qui n'était pas le sien...Enviant chaque seconde passée sur Enkidiev. Chaque instant écoulé en compagnie de ses héritiers.

-J'exige de voir mon...Père...IMMÉDIATEMENT! On ne fait pas attendre une Reine!

-Désolé, vieille dégénérée...Mais vous n'êtes plus Reine. Vous avez le titre d'Immortelle, ici; ce qui n'est guère mieux, soit...

-VOUS...JE NE VEUX PLUS JAMAIS VOUS ENTENDRE! SORTEZ DE MA TÊTE!

Et en silence, l'Immortelle pleura...Sans que jamais aucune larme ne glisse de ses yeux; la vie éternelle serait pénible. Oh oui...Se serait long, purger cette peine jusqu'à la fin des temps...Satané temps!

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